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Jean-François Copé répond aux questions du Figaro

11/08/2011 - Interview


Dans une interview pour le Figaro, notre Secrétaire Général Jean-François Copé se félicite que la France soit bien tenue. Il estime de plus que celle-ci doit poursuivre son effort de réforme.


Interview publié dans Le Figaro le 10 août 2011

LE FIGARO. - Les marchés ne semblent se satisfaire ni d'une politique de rigueur, car elle menace la croissance, ni d'une politique de relance, qui risque de creuser les déficits. Comment résoudre cette équation ?


Jean-François COPÉ. - En réalité, les marchés sont un thermomètre de la crédibilité des États dans la durée et de la continuité des politiques dans l'effort. De ce point de vue, la dégradation de la note américaine est riche d'enseignements. D'abord, elle signifie une inquiétude réelle concernant les perspectives durables de croissance aux États-Unis. C'est pour nous, économies européennes, une préoccupation supplémentaire. Mais c'est aussi et surtout, au-delà des fondamentaux économiques, la première fois qu'une agence de notation sanctionne l'incapacité des dirigeants politiques (en l'occurrence américains) à prendre des décisions nécessaires et courageuses.

Les électeurs ne seraient plus les seuls arbitres des politiques. Il faut désormais prendre en compte les marchés ?


Ce qui prime, c'est toujours le jugement des électeurs. Les citoyens attendent que nous leur disions la vérité et que nous agissions. Nicolas Sarkozy est parfaitement en phase avec cette double exigence. Il dit la vérité. Et il agit au niveau européen en plaçant la France à la pointe de la gouvernance en Europe. Quant à la création d'eurobonds pour enfin assurer une gestion collective et rigoureuse des dettes souveraines en Europe, je la crois urgente et inéluctable. Dans une telle situation de crise, face à l'emballement irrationnel sur certains marchés, ce qui prime, c'est tout autant la rapidité que le courage politique et le sang-froid. Nous, Français derrière le président de la République, nous faisons la différence.

Ne craignez-vous pas une sanction de la France par les agences de notation ?

Standard & Poor's et Fitch viennent de dire l'inverse en saluant la constance de nos efforts depuis deux ans pour réduire nos déficits comme pour réformer nos structures. François Baroin et Valérie Pécresse ont été très clairs, pas question de relâcher l'effort.

En ménageant de nouvelles réserves dans le budget ? Gilles Carrez souhaite 5 milliards d'euros, d'autres parlent de 10 milliards…


Nous devons, compte tenu de la gravité de la situation, faire un double effort sur les niches fiscales et sur la poursuite de la réduction des dépenses. Je m'impliquerai d'ailleurs sans réserve dans les débats budgétaires de la rentrée. Mais il ne faut plus se limiter à l'État : la Sécurité sociale comme les collectivités locales doivent être concernées.

De quelles marges de manœuvre disposez-vous sur les structures ?

Nous avons déjà réformé les retraites il y a un an, il faut maintenant faire la réforme de la dépendance et celle de l'Assurance-maladie, comme nous l'avons engagée avec la réforme de l'hôpital, qui va déjà dans le bon sens.

«La règle d'or n'est pas une lubie»

Et sur les collectivités locales ?


Il faut définir un nouveau partenariat entre l'État et les collectivités fixé sur d'autres bases que celles des dotations et des subventions avec un droit de tirage illimité. Aucune procédure ne permet aujourd'hui d'évaluer l'efficacité de leurs dépenses en matière d'investissements ou de dépenses sociales.

Et au niveau de l'État ?

Nous poursuivrons nos efforts mais l'une des priorités c'est d'intégrer la «règle d'or» dans la Constitution. Je suis un fervent partisan de cette mesure que mon club, Génération France, avait défendue dès avril 2010. À mes yeux, rien ne justifie le refus des socialistes de l'adopter. La «règle d'or» n'est pas une lubie de la droite française, n'est pas une réforme de gauche ou de droite. Quatre-vingt-dix pays ont une «règle d'or», notamment l'Allemagne. Le PS est incapable de dépasser les enjeux de politique politicienne sur un sujet aussi important ? Allons au Congrès pour que chacun soit placé devant ses responsabilités ! Soit les socialistes votent la «règle d'or» et montrent qu'ils sont en phase avec l'intérêt national. Soit ils ne la votent pas, et ce sera la preuve que leur programme pour 2012 est tellement coûteux qu'il plombera assurément nos finances et donc l'avenir de nos enfants.

Souhaitez-vous que le Parlement soit convoqué plus rapidement pour ratifier l'accord européen du 21 juillet ?


C'est une affaire de quatre semaines, une session extraordinaire étant prévue début septembre. Et nous serons le premier pays à voter sur cet accord. Je préfère que la copie soit prête. Le vrai problème de temps, c'est celui de la mise en œuvre de la gouvernance européenne qui, elle, ne dépend pas du calendrier parlementaire.

Êtes-vous favorable, comme Jean-Louis Borloo, à la mise en place d'une taxe sur les transactions financières pour réguler la spéculation ?


Le principal écueil de ce type de mesure, c'est qu'une telle taxe internationale ne peut fonctionner que si tout le monde est d'accord. L'idée a été très souvent défendue par la France et je n'y suis pas défavorable. Mais à condition de ne pas fabriquer d'usine à gaz qui servirait de prétexte aux autres pays pour ne pas la voter.

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